2 mars 2024 CITROEN SM 2024 "Héritage"

En 2019, je m'étais amusé à imaginer ce que pourrait être une Citroën SM contemporaine. Non pas une réédition de la voiture de 1970, encore moins un exercice rétro, mais une descendante possible.

L'exercice n'est pas si simple. La SM originale possède une identité extrêmement forte. Il suffit de reprendre trop littéralement quelques-uns de ses signes distinctifs pour tomber dans la citation. À l'inverse, si l'on s'en éloigne trop, pourquoi continuer à l'appeler SM ?

Je m'étais concentré sur la face avant. Celle de la SM reste probablement l'une des plus reconnaissables de l'histoire de Citroën, avec sa longue surface vitrée réunissant les projecteurs et la plaque d'immatriculation. Mon dessin cherchait à en conserver l'esprit plutôt que la forme exacte : une voiture large, basse, très horizontale, dont toute la face avant constitue un ensemble graphique.

Esquisse originale, 2019

J'avais commencé par un dessin au crayon, repris ensuite dans Sketchbook. À l'époque, passer de l'esquisse à une représentation relativement réaliste demandait encore pas mal de travail.

Premier rendu réalisé dans Sketchbook, 2019

Cinq ans plus tard, j'ai repris exactement cette esquisse pour la soumettre à Vizcom AI.

C'est là que l'expérience devient intéressante. Si on lui laisse trop de liberté, le logiciel ne développe plus vraiment le dessin : il en invente un autre. Les résultats peuvent être spectaculaires, mais ils ne correspondent plus nécessairement à l'idée de départ. En lui imposant de conserver 80 à 90 % de l'esquisse originale, le rapport change. L'IA devient davantage un outil de rendu qu'un outil de conception.

Même ainsi, il faut trier. Beaucoup de propositions présentent des incohérences ou des détails inutilisables. J'en ai finalement retenu une.

Interprétation retenue parmi les propositions de Vizcom

Je l'ai ensuite reprise dans Sketchbook pour corriger et préciser ce que je voulais conserver.

Version finale après reprise dans Sketchbook

Le résultat me laisse sur le cul. Mon dessin de 2019 n'a pratiquement pas changé dans son principe, mais il prend soudain l'apparence d'un véhicule qui pourrait exister.

Le plus troublant est que je maîtrise encore très peu Vizcom et que je ne lui consacre que peu de temps. L'outil produit presque immédiatement des images que je serais incapable d'obtenir aussi rapidement avec Sketchbook.

Mais cette première impression est trompeuse. Les propositions fourmillent d'imperfections et d'incohérences. Dès que je veux retrouver précisément mon dessin, je dois reprendre l'image en détail, et les heures gagnées au départ sont vite consacrées aux corrections.

L'expérience reste impressionnante, mais aussi assez démoralisante. Vizcom donne très vite l'illusion d'un travail achevé alors qu'il ne fournit, en réalité, qu'un nouveau point de départ.